Un poème d’Octavio Paz, issu de son recueil « L’arbre parle »
Fraternité
Je suis homme : je dure peu
et la nuit est énorme.
Mais je regarde vers le haut :
les étoiles écrivent.
Sans comprendre je comprends :
je suis aussi écriture
et en ce même instant
quelqu’un m’épelle.
Octavio Paz (mars 1914 – avril 1998, prix Nobel de littérature en 1990)
Un poème court que j’aime bien et qui replace l’homme et sa vulnérabilité dans un contexte plus élevé. Le nuit est là, « énorme » comme un fardeau mais au dessus il y a ce ciel étoilé si vaste et cependant, si familier. « Les étoiles écrivent » et l’homme peut presque lire et comprendre ce qu’il voit car tout est langage. L’univers est langage, l’homme est écriture, et les deux se fondent finalement dans un appel vers quelque chose de plus grand, de mystique. Ainsi est mon interprétation de ce poème magnifique.
Dans une deuxième lecture, et puisque le titre est « fraternité », on peut assimiler les étoiles aux hommes et chacun révèle une lumière lisible qui forme ce ciel étoilé. « Sans comprendre, je comprends » …. chacun est une pièce du puzzle, chacun est un paragraphe d’une histoire plus vaste et qui nous dépasse. Cependant chaque homme a sa place puisque « quelqu’un m’épelle » et donc connaît mon nom. « Je suis aussi écriture », je fais aussi partie de cette histoire écrite au cœur de millions d’étoiles …
Mes interprétations et sensations très personnelles à la lecture de ce beau poème.
NB : la photo est issue du site Pixabay, photo libre de droits.

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